Nouvelle initiative : bonne pour la santé de la francophonie albertaine


Soigner en français

Le Réseau santé albertain a lancé aujourd’hui une initiative sans précédent, de loin l’investissement temps-énergie-ressources le plus important de son histoire, pour encourager les professionnels de la santé d’expression française à offrir des services en français et, d’autre part, pour inciter la population franco-albertaine à demander de se faire soigner en français. La raison : parce que c’est bon pour sa santé, bon pour les soignants, et bon pour le système de santé.

Dès cet automne, la campagne propagera en vagues successives de publicité, de marketing direct, par courriel, dans le web et les médias sociaux, un message clair à tout l’Alberta : Soigner en français : bon pour la santé!  C’est aussi une invitation à relever ensemble un grand défi. Les professionnels de la santé d’expression française sont difficiles à trouver; signaler sa capacité de parler en français n’est pas pratique courante dans le système de santé. Et demander d’être soigné en français non plus puisqu’il y a peu ou pas de services en français. Selon le Réseau santé albertain, le meilleur moyen de s’assurer que rien ne change est de ne rien faire, de ne rien dire.

D’affirmer le président du conseil d’administration, le Dr Denis Vincent : «Nos plus grandes réussites, en éducation par exemple, ont commencé par de simples gestes. C’est ce que nous invitons les professionnels de la santé à faire : un simple geste. Si vous parlez français, dites-le à vos patients. Et si comme francophone, on tient à se faire soigner en français, disons-le ! On ne perd rien à demander; on ne peut que gagner à essayer. Rappelons que le système de santé albertain prône une approche-santé axée sur les besoins du patient. Le moins qu’on puisse faire est d’exprimer son besoin d’être soigné en français. Plus nous serons nombreux à le faire, plus nous aurons d’impact. »

Le Réseau santé albertain juge le moment bien choisi de mobiliser les forces vives en ce sens : les rangs de la francophonie albertaine grossissent, les besoins de santé sont plus nombreux, et la langue est reconnue comme un déterminant de la santé.  Plus encore, Alberta Health Services a identifié la population francophone comme un groupe vulnérable nécessitant une programmation sur mesure en matière de gestion de maladies chroniques, de soins de santé primaires et communautaires.

La campagne conduit les intéressés à soignerenfrancais.ca, l’ultime destination web où se renseigner, s’outiller et faire le plein d’idées pour passer à l’action. Le nouveau site du Réseau, plus interactif que jamais, invite citoyens et fournisseurs de soins à s’exprimer par voie de sondage, à promouvoir les bons coups-santé, tout en favorisant la prise de contact entre patients et soignants. On y trouve un arsenal d’outils — objet de signalisation, affiche, carte postale, argumentaire — même des stratégies pour influencer l’opinion publique et le système de santé à tous niveaux, en commençant par sa clinique locale.

 

Barrières linguistiques : conséquences néfastes

Les recherches révèlent que les barrières linguistiques et culturelles nuisent à la qualité des soins, à leur efficacité et à leur accessibilité ainsi qu’à la sécurité des patients. Ces barrières, comme l’ont noté des chercheurs de renom tels Sarah Bowen dans une importante étude pour Santé Canada, ont un impact indéniable sur la santé de populations plus vulnérables telles les francophones. Ici, au Canada comme ailleurs en Amérique du Nord, il a été démontré qu’à plusieurs étapes du processus entre professionnel et patient, il y a des risques. Et à chaque étape, les barrières linguistiques peuvent causer des problèmes de communication. Il en résulte ultimement une qualité inférieure de soins.

 

Avantages de soigner en français

Les avantages de soigner un patient dans sa langue maternelle sont bien documentés : une population en meilleure santé, une utilisation plus judicieuse des ressources-santé, un système plus efficace et des coûts de santé moins élevés. En fait, quand on parle santé dans la même langue, tout le monde ressort plus satisfait de l’expérience et des soins reçus, de préciser Luc Therrien, infirmier de profession et directeur du Réseau santé albertain. Le simple fait d’améliorer la communication entre patients et professionnels peut diminuer aussi le temps de consultation, améliorer la qualité des soins et réduire le recours aux services d’urgence.

 

Rôle clé à jouer

Tout le monde a un rôle clé à jouer en commençant par cliquer soignerenfrancais.ca. Les efforts du Réseau sur trois tableaux — auprès des professionnels de la santé pour stimuler l’offre active, auprès de la population pour l’encourager à demander des services, et auprès du système de santé pour l’inciter à agir — se poursuivront jusqu’en 2018.

 

Au sujet du Réseau

La santé en français, le Réseau santé albertain y voit depuis plus de 10 ans à titre de chef de file mandaté par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) de mener le dossier. En prévention de la maladie comme en promotion de la santé, le Réseau, avec l’appui de bénévoles partout en province, en collaboration avec les professionnels de la santé et en partenariat avec le système de santé, soutient, sensibilise, concerte, mobilise et influence — tout pour améliorer l’accès aux services en français. Pour plus d’information, visitez reseausantealbertain.ca.

 

Pour plus d’information au sujet des besoins de santé de la population franco-albertaine, sa priorisation en tant que population vulnérable et les barrières linguistiques qui nuisent à sa santé, consulter :

Transmettre un courriel au Réseau : luc.therrien@reseausantealbertain.ca